L'ADN du Web 2.0

Le long de l'évolution qui caractérise Internet depuis le Web 1.0, on attendait le Web sémantique et c'est le Web 2.0 qui est arrivé, en surprenant un peu tout le monde. On en parle beaucoup, mais de quoi parle-t-on ? Très sommairement, en citant la conclusion d'une tentative de définition :
Le Web 2.0 est avant tout un terme un peu vague qui regroupe le web tel qu'il se dessine en ce moment même. Comme toute évolution, il comporte une part de risques techniques, ergonomiques, financiers et de protection de la vie privée. Au-delà de l'aspect marketing du terme qui irrite les puristes, il traduit un formidable bouillonnement d'idées, de pratiques et de nouvelles utilisations. Le fait même que son contour soit encore flou montre que tout est encore ouvert et que le web continue à faire la part belle aux initiatives personnelles.
Concrètement, Writely est une application 100% Web 2.0, qui s’exécute directement dans votre navigateur ; à la différence de Word, il ne propose que les fonctionnalités strictement nécessaires et a l’indéniable avantage de pouvoir puiser dans les sources intarissables du Web au fur et à mesure qu’on rédige. Gain de temps et de productivité d’une part, richesse de l’hypertexte et de l’iconographie de l’autre.
Pour autant, dans cette gigantesque Blogopole :
La Blogopole du Web 2.0

les produits, services et/ou applications “Web 2.0″ ne se comptent plus ! (voir ici, ou , etc.).

Donc, en résumant, selon Brandon Schauer, le Web 2.0 conjugue attributs distinctifs du fondement du Web 1.0 (la valeur de contribution des utilisateurs, la « longue traîne » et l’effet réseau) et caractéristiques propres à l’expérience des utilisateurs (systèmes émergents, co-création, décentralisation, « remixage »), pour démultiplier les potentiels d’innovation du Web et créer des « courants de valeur »

Évolution du Web

dans une continuité qui va, d’après Dan Saffer, du Web structuré (Web 1.0 : sites et pages Web, blogs, sites de communication et de marketing, les grands fournisseurs de contenu, les moteurs de recherche, etc.) au Web semi-structuré (Web 2.0 : migration des traditionnelles applications de bureau vers les applications en ligne, qui exploitent enfin les atouts d’Internet pour la mise en place d’un Web social et communautaire, avec l’agrégation de multiples sources de données, l’accès et la disponibilité des données en temps réel, la publication de contenu de l’individu vers la collectivité, les tags, les floksonomies, etc.) et au Web non structuré (surabondance de nouveaux services, dont beaucoup n’auront même pas de site Web visitable, avec ici et là des parties d’application, de contenu et de données n’ayant qu’une (non-)existence virtuelle, prêtes à être louées, utilisées, réutilisées, réparées, remixées.
The Experience Continuum of Web 2.0

Le seul point où je diffère d’avec ce raisonnement est sur le fait que les traits distinctifs des applications du Web non structuré, bien que leur implémentation soit projetée dans les dix années à venir, sont encore imputables au Web 2.0 selon les auteurs, en dépit de la rupture sociale, technique, économique, ou encore au niveau des applications, des développements, des produits/services, etc. Or pour moi cette rupture a un nom : le Web 3.0.

La rupture du Web 3.0

Dan Saffer reconnaît d’ailleurs que durant la prochaine décennie, les utilisateurs, initialement désorientés, à qui il faudra déjà du temps pour se familiariser avec les expériences semi-structurées disponibles sur le Web, en mettront encore plus à accepter les expériences non structurées. Selon lui, ces expériences seront réalisables grâce à de nouveaux outils plus intelligents que ceux que l’on a aujourd’hui, et notre expérience utilisateur dépendra largement du degré de sophistication de ces outils. Quant aux contenus dont nous aurons besoin, ils se trouveront indépendamment sur nos ordinateurs, sur nos mobiles, sur des capteurs de circulation placés le long de l’autoroute, etc. (sur des automates domotiques, par exemple, c’est moi qui ajoute).

Ce raisonnement sous-entend que la technologie aura résolu 3 des facteurs limitants du Web 2.0 :

1. les communautés isolées d’utilisateurs
2. le manque d’interopérabilité entre les différents services en ligne
3. les limitations liées à l’architecture de l’internet

mais n’aborde pas d’après moi 3 des questions primordiales qui font pendant aux points ci-dessus :

1. la qualité et la pertinence du contenu
2. le traitement des données personnelles et confidentielles dans le respect de la vie privée
3. la transparence du traitement et les garanties vis-à-vis des utilisateurs

Donc, dans ce modèle de communication « everybody to everybody »

Paradigme entre web 1.0 et web 2.0

les deux enjeux majeurs vont être :
- d’affiner le rapport signal/bruit (Less noise, more signal) et d’assurer la portabilité des technologies
- de réussir l’intégration entre les différentes sphères de l’humain

Où l’on reparle du Web sémantique

C’est là où revient en force le Web sémantique, conçu à l’origine par Tim Berners-Lee comme une « extension du Web tel qu’on le connaît aujourd’hui, où l’information fournie donnera un sens bien défini pour permettre le travail coopératif des ordinateurs et des humains ».

Donc mieux faire dialoguer les machines entre elles devrait permettre de solutionner la première partie de l’équation, l’inconnue restant la seconde partie de la proposition.

Que l’on ne résoudra que si l’on parvient, d’une manière générale, à donner du sens à la présence des gens sur le Web, et en particulier, à donner à chacun/chacune un fil d’Ariane pour qu’il ou elle se retrouve dans le dédale de l’Internet.

Jean-Marie Le Ray



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